Francesca Consonni est venue en résidence au mois de mai pour travailler sur l'écriture et le montage de son film " Le Roi déménage ".
Lors de cette rencontre, elle nous partagera des extraits de ses rushes et son processus de travail et de recherche.


Mon projet actuel, intitulé " Le Roi déménage ", est un film consacré à ma famille, et plus particulièrement à mon frère Federico, qui est trisomique. À travers lui, j’explore la frontière entre la réalité et l’imaginaire. Federico vit entouré d’un monde intérieur foisonnant, peuplé de rois, de nobles et d’amis invisibles qu’il fait dialoguer avec la vie quotidienne.
Federico a été le personnage de mon premier essai filmique. J’ai voulu suivre son quotidien dans un court-métrage que j'avais décidé d'appeler Niente di speciale. Je voulais décrire sa vie ordinaire, telle qu’elle est, sans en faire un héros. Mais je me suis rapidement rendu compte qu’il était impossible de séparer sa vie réelle de son univers imaginaire. Pour Federico, l’imagination n’est pas une échappatoire, mais une manière de vivre pleinement la réalité.
Depuis ce premier essai, la question de l’imagination traverse ma pratique. Je m’interroge sur le lien qu’elle entretient avec la réalité, sur la manière dont elle en émane et la transforme. Je m’intéresse surtout à la part qu’elle joue dans la construction de l’identité personnelle. Je suis fascinée par ces personnages qui s’inventent des histoires pour résister aux rôles qu’on voudrait leur assigner. Des figures donquichottesques qui imposent, à leur manière, leur propre version du réel.
Francesca Consonni
© Francesca Consonni
Carine Doumit est venue en résidence au mois d'avril pour travailler sur divers projets.
Elle nous parlera des relations entre image et texte dans son travail de monteuse et partagera des extraits de films de référence.
Elle introduira également le projet en cours « solas y juntas ».


Les bombardements israéliens sur Beyrouth à l’automne 2024 m’ont décidée à partir. Je témoigne aujourd’hui de l’invasion de mon pays à distance: la terreur constante infligée à mon peuple par les ordres d’évacuations arbitraires et l'omniprésence des drones sillonnants impunément nos cieux, l’usage de force disproportionné visant les infrastructures civiles et causant une destruction massive et irréversible, l’annihilation de villages entiers. J’ai toujours vécu au Liban, et j’y ai passé plus de vingt années à témoigner par des projets d’écriture et de montage individuels et collaboratifs de la réalité de celles et ceux d’entre nous qui avons théoriquement été épargné·es. Comment la distance, qui peut aussi être calculée par une série de pauses dans un mouvement, va-t-elle transformer mon écriture ? Quels gestes de montage vont parvenir à faire sens de ce qui me (nous) déchire ?
Au coeur de mon travail est la rencontre, ou la reconnaissance de l’autre, celles qui habitent peut-être d’autres géographies mais qui ont vécues des violences, des arrachements similaires, parallèles ou concomitants au mien. Le matériau avec lequel je travaille est le fruit d’échanges — écrits, enregistrés, transcrits, traduits, photographiés, filmés — qui ont eu lieu au sein d’évènements majeurs et transformateurs. Composer de la “fiction" avec ces fragments où nos passés (nosenfances, nos “fantômes" si j’ose dire) et nos présents (notre fragmentation et notre ancrage impossible) se croisent, où nos regards se mêlent et s’échangent, est la tâche à laquelle je continue de me consacrer. Aujourd’hui, ce travail prend la forme d’une installation vidéo et d’une nouvelle, deux projets interdépendants que je finaliserai dans le cadre de ma résidence
Carine Doumit
© Carine Doumit
15h - 16h30 - 18h
PROJECTION
RETOUR AU BROUILLARD
2026 - 15 min
Langues : Arabe (fosha) et espagnol avec intertitres français
Réalisation CARINE DOUMIT
Monteuse, autrice et chercheuse
Sortie de résidence
Dans cette fable, les créatures ne se contentent pas de parler : elles empruntent des mots prononcés par d’autres avant elles. Elles ont parcouru un long chemin, et certaines ont élaboré des stratagèmes pour refaire surface contre toute attente. Elles nous livrent des fragments de leur voyage pour vaincre la peur qui les habite.

© Carine Doumit
18h30
RENCONTRE
Ferdinand Flame est venu en résidence pour poursuivre et approfondir l’écriture de son prochain film " Un coeur pur ", un documentaire à dispositif fictionnel qui s’inspire de l’histoire du groupe de résistants La Main noire.
Il était accompagné de Milan Alfonsi, co-scénariste du projet.
Ensemble, ils partageront les premières étapes de l'écriture et du tournage de ce film.
s)%202.jpg)
Ferdinand Flame

Milan Alfonsi

" Un coeur pur" est un documentaire à dispositif fictionnel qui s’inspire de l’histoire du groupe de La Main noire. C’est un groupe de résistants qui a réellement existé à Strasbourg et qui y a été actif de 1939 à 1941. Tractage, sabotage, trafic d’armes, projet d’attentat contre l’occupant nazi, renseignements militaires : ils ont été très organisés et déterminés. Ils avaient entre 13 et 16 ans.
Je m’inspire de cette histoire pour la faire jouer à un groupe d’adolescents alsaciens aujourd’hui. Le film se tournera sur trois ans, durant toute la durée de leurs études au lycée. Pour ce faire, je mets en place un atelier extrascolaire, régulier, que je constitue pour les besoins du film. Ensemble, nous reconstituons ce groupe pour en rejouer la fiction, et je filmerai, en parallèle, de manière documentaire, les effets que cette fiction a sur leur vie. Ce qu’elle transforme – ou pas –, ce qu’elle vient – ou pas – déplacer en eux et entre eux.
Ce projet s’inscrit dans la continuité de mes différentes recherches, mais il est aussi le premier d’une envie au plus long cours : celle de travailler à une trilogie autour de la question du roman national – et comment se le réapproprier pour, à minima, requestionner certains des grands mythes politiques français. C’est aussi pour cela qu’il était primordial pour moi de travailler avec des adolescents amateurs : voir ce qu’il reste de cette question aujourd’hui. Un coeur pur en sera le premier objet ; les deuxième et troisième volets porteront sur la Révolution française et la révolte des Camisards cévenols.
© Ferdinand Flame
19h30
PROJECTION
THE MEMORY - AL-ZAKIRA
1975 - 13 min
Langue : Arabe sous-titré français
Réalisation Mohamad Malas
Scénariste: Mohamad Malas
Photo: Mohammad al-Qaj
Montage: Tala’at al-Maghreb
Son: Hassan Salem
Production: Mohammad Abu Abdallah

MOHAMAD MALAS (1945-2003)
Mohamad Malas est né en 1945 à Quneitra, sur le plateau du Golan. Cinéaste syrien de renom dont les films lui ont valu une reconnaissance internationale, Malas figure parmi les premiers cinéastes d’auteur du cinéma syrien. Il a travaillé comme enseignant entre 1965 et 1968 avant de s’installer à Moscou pour étudier la réalisation à l’Institut de cinématographie Gerasimov (VGIK). À son retour en Syrie, Malas a commencé à travailler à la télévision syrienne. Il y a produit plusieurs courts métrages, dont «Quneitra 74», en 1974, et «al-Zhakira» (La Mémoire), en 1975.
Avec Omar Amiralay, il a cofondé le Club de cinéma de Damas. Entre 1980 et 1981, Malas a tourné le documentaire «al-Manam» (Le Rêve), consacré aux Palestiniens vivant dans les camps de réfugiés au Liban pendant la guerre civile. Il a depuis tourné plusieurs autres longs métrages.
© Mec films
21h00
CONCERT
CAMILLE GIUGLARIS et GAËL NAVARD
Danses et musiques populaires des Balcans.
RENSEIGNEMENTS ET RÉSERVATIONS
06 52 03 84 49
ENTRÉE *
ADHÉSION
5 euros
Valable un an, elle permet d'avoir accès gratuitement aux projections, rencontres et ateliers proposés par l'association durant l'année (sauf la journée À ciel ouvert).
PARTICIPATION aux sorties de résidence et aux projections pour la journée À ciel ouvert
5 euros
CONCERT
10 euros
GRATUIT
étudiant·es, chômeur·ses, minimas sociaux
* Les adhésions et les entrées permettent de participer au financement de l'association : organisation des résidences d'artistes, acquisition de films pour les soirées projections, journée à ciel ouvert...
Pour soutenir l'association, vous pouvez aussi faire un don
ADRESSE
27, Avenue Ste Lorette
06130 GRASSE
Pas de parking sur place, l'usine est située en entrée de ville, plusieurs parkings se trouvent à proximité.
RESTAURATION
Un repas partagé est prévu à partir de 20h00
